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Claire, l’intelligence volontaire

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Un nouveau témoignage, qui vient à point nommé – je me faisais la réflexion hier que mes deux derniers articles portaient sur le ralentissement… Mes prières ont été entendues: Claire a travaillé à ma place 😀 et m’a fait le bonheur de m’envoyer un long témoignage super touchant d’authenticité. Je peux me faire un thé, me mettre les doigts de pieds en éventail et vous aussi ! Bonne lecture :)

Qui es-tu ? Peux-tu te présenter brièvement ?
Je suis Claire. Enfin, au moins sur ma carte d’identité.  J’ai effectué un parcours sans (trop) d’embûches véritables.  Parcours scolaire moyen, trouble de l’attention, dyslexie puis université (j’ai dû m’y reprendre à plusieurs reprises pour obtenir mon sacro-saint diplôme qui devait – selon mes parents – m’ouvrir les portes, si pas du paradis, au moins du bonheur professionnel).  Enthousiaste, Créative, Cynique, Curieuse, Douée d’une certaine forme d’empathie, … J’aime travailler sérieusement, sans me prendre au sérieux.  J’aime caresser toutes les disciplines, toucher à tout, m’extasier devant les oiseaux, ou devant des œuvres d’art, devant des belles personnes, ou devant les histoires de ma petite voisine.  J’aime penser que tout est possible.  Je reste une utopiste malgré tout.

Comment es-tu arrivé chez moi, au cabinet ?
En voiture!  😊 zéro conscience écologique!  J’aurais pu prendre un vélo, mais la côte est rude…
Un matin, j’ai vu ma vie partir en cacahuète, et je me suis dit qu’il était temps d’agir.  Et vite.
J’avais déjà entendu parler de Virginie Lobet par deux ou trois amis: deuil professionnel, réorientation, définition de projets professionnels,…
Sur google, j’ai vite retrouvé les infos que je cherchais, et la première page du site m’assurait que ma démarche était pertinente…

Dans quelle situation étais-tu à l’époque ? Comment te sentais-tu ?

A la suite d’un incident survenu avant de partir au travail (j’ai glissé sur une plaque de verglas), ma main s’est endolorie.  Plus j’avançais vers mon lieu de travail, plus ma main me faisait souffrir.  J’ai tenu bon et j’ai aidé un collègue à ranger du matériel de régie.  Mais, d’heures en heures, mes maux s’accentuaient.
En fin de journée, je suis allée en pleurant aux Urgences.  Ils n’ont rien vu de cassé.  Probablement une entorse liée à la chute.  . . . Comment se peut-il que le mal ne se soit mis à me saisir qu’une fois au travail? Pourquoi?  Une si misérable chute pouvait elle être la cause de cette douleur irradiante?

J’ai eu un mois de convalescence durant lequel, j’étais incapable de bouger, incapable de me mettre en projet, incapable de décider, incapable de voir des gens, incapable d’aimer.  Moi qui suit toujours à 100 à l’heure.  Comment était-ce possible?  Je ne parvenais même plus à culpabiliser de ne rien faire.  La besogne était là.  Tant mieux pour elle.  Je passais mon tour.   Je ressentais une immense fatigue physique et mentale.  C’était une fatalité.  C’est comme si la voiture refusait de démarrer avant un entretien important.  C’est vraiment pauvre comme situation, mais comme on ne comprend rien à la mécanique, c’est impossible de faire autrement que de subir.
La seule présence qui me restait supportable était celle de mon chien.   Cet animal aux besoins primaires avait quelque chose d’inspirant et de l’amour à revendre.  Acculée, épuisée, face au mur et devant une totale incompréhension de ce qui était en train de se produire.

Mon médecin traitant m’a mis sous antidépresseurs en diagnostiquant une « dépression ».  Elle voulait me revoir fréquemment une fois par semaine pour ajuster le traitement.  Soit mon cas semblait préoccupant, soit, elle avait besoin de sous pour partir en vacances. J’aime à croire que c’est la première option.

Comment as-tu vécu le processus de coaching ?
Je me souviens d’être arrivée dans le cabinet de Virginie en me disant « je n’ai rien à perdre ».  Au départ, au vu des questions que celle-ci me posait, je me suis demandée si elle était psy, elle aussi.  J’ai eu un sentiment de répétition.  Ma thérapeute m’avait déjà dressé LE portrait.  Je me sentais aussi un peu honteuse de raconter à une « inconnue » que j’étais une chiffe molle.  La dépression, c’est pour les faibles.  C’était en tout cas ce que je me répétais sans cesse.  Cela ne pouvait pas m’arriver.  Je masquais mes symptômes dans des termes de « petit surmenage », « grosse fatigue liée à la rénovation de la maison et à une mauvaise ambiance au boulot »…

Mais comme ma santé mentale et physique commençait sérieusement à me préoccuper, je me suis dit que je n’avais plus rien à perdre.

Virginie m’a pris « en charge » rapidement.  Je lui ai précisé que je voyais une psychothérapeute sur le côté.  Elle a décidé spontanément de se mettre en lien avec l’autre spécialiste pour ne pas faire de doublon.  L’une se chargeait de me reconnecter à mon inconscient et à mes besoins primaires (à titre d’exemple, je n’allais plus aux toilettes de la matinée. Je me retenais tous les matins/midi parce que je restais vissée à ma chaise de bureau), à me respecter davantage, tandis que l’autre dressait mon « profil professionnel » en lien avec mon historique (la valeur du travail dans la famille, ma vision de celui-ci dans la définition d’un individu,…).   Grâce à ces deux professionnelles, j’ai réalisé rapidement que ma situation était liée à la fois à un problème de travail, mais que les causes étaient plus profondes: situation familiale, estime de soi, environnement, … .

Qu’est ce que ça a changé dans ta vie professionnelle, dans ta vie tout court ? Après combien de temps ?

La thérapie durait depuis un certain temps. Quand on me proposait des exercices, je me disais toujours « je les ferai plus tard, ce qui compte c’est de « processer », de voir les problèmes, d’identifier les causes et de façon naturelle, les améliorations se feront.  Ce ne fut pas le cas.

Lorsque j’ai été face au mur, je me suis dit qu’il était temps de passer à l’action.  C’est important de réfléchir, mais cela peut rapidement vous faire devenir chèvre.  Après un moment, si on essaye rien d’autre, on tourne en rond.  Et, le tout, ce n’est pas de se rendre compte que quelque chose ne fonctionne pas, il faut mettre en place des mécanismes pour sortir de ce mouvement perpétuel.  Du coup, quand j’en ai eu marre de vivre avec des plaques d’eczéma, des ulcères, et des accidents répétés, j’ai décidé qu’il était temps d’agir.

A l’aide de petits exercices pratiques peu contraignants, on a rapidement dégagé, avec Virginie, les pistes professionnelles qui s’offraient à moi et les blocages qu’il fallait surmonter pour dégager ma route.

Avec le traitement médicamenteux, j’ai réussi à me reconnecter plus facilement à mon inconscient et à mes besoins vitaux (le sommeil étant le principal qui me faisait défaut).

Ensuite avec ma psy, nous nous sommes davantage attaqués à l’estime de soi et au renforcement « positif » de l’attitude,…

Gagner en confiance en soi, se sentir légitime, arrêter d’agir avec les poids du passé aux chevilles.

L’action des deux spécialistes ensemble m’a permis de me rétablir relativement rapidement.

En février, la crise était à son apogée.  En mai, je changeais de travail.  Je dois avouer que je suis passée par un mois de convalescence pour des raisons médicales, ce qui m’a permis, de mon côté aussi, de lire des livres fondamentaux (Charles Pépin: les vertus de l’échec notamment). Il s’avérait que le milieu dans lequel j’évoluais était le bon.  Les personnes autour de moi, l’étaient moins.  C’est finalement l’environnement de travail qui était nocif pour moi.  Cela peut paraître long et coûteux, un double processus de thérapie et de coaching.  Mais quand le risque de tomber sur la mutuelle ou que le risque de démissionner (et donc de ne pas passer par la case chômage sans toucher les allocations – monopoly) se renforce, c’est un investissement qui en vaut vraiment la peine.

Quel conseil donnerais-tu à ceux qui cherchent leur voie, qui sont perdus ?

Lorsqu’on est perdu dans une ville que l’on ne connaît pas, avec un langage que l’on ne maîtrise pas, on peut continuer à chercher et tourner en rond en vain, ou demander son chemin.  Je pense que l’égo peut-être notre pire ennemi dans ce genre de situation.  Il faut le mettre de côté et faire le choix de la raison.  C’est plus facile de demander de l’aide à l’extérieur que d’essayer de se faire entendre par des amis ou par les collègues.  Et c’est moins risqué, parce que les professionnels sont tenus au secret, contrairement aux collègues et amis…  Si ma boussole hésite, ou n’indique plus le nord, je n’hésiterai plus une seule seconde.

Comment te sens-tu aujourd’hui ?

Je pense sincèrement que « cette petite crise » a été bénéfique pour moi, notamment pour revoir mes priorités, mes valeurs, et apprendre à comprendre ce qui m’animait.  Mais sans l’intervention de deux professionnelles, j’aurais pu continuer à chercher ma voie longtemps, avec toutes les conséquences néfastes que cela aurait pu avoir sur ma santé.  Aujourd’hui je suis plus sereine.  Je suis assise derrière un ordinateur à un autre poste avec la conviction d’être légitime à ma place (je pense même qu’ils respectent beaucoup mes qualités et mes forces).  Un jour peut-être que cela changera.  Mais ce jour-là, je n’hésiterai pas à demander de l’aide pour retrouver mon chemin.

Quels sont tes projets pour l’avenir ?
Je projette de ne plus rien projeter. Projeter c’est lancer en avant, attribuer à quelqu’un un sentiment que nous avons, faire passer un film ou avoir l’intention de faire quelque chose.  Vous voyez où je veux en venir?  Il n’y a pas de définition qui me seille.  Pour ma part, je veux vivre au jour le jour et arrêter de me mettre des objectifs de dingue et une pression de fou pour les atteindre.  Quand même vos weekends ressemblent à une « to do list » immonde, il n’y a plus de plaisir.  Que des frustrations qui en découlent.  Pour cette raison, je m’organise, et j’ai bien quelques idées de ce que devrait être un futur proche (des travaux par ci, par là, un bébé un jour?) mais plus de contraintes douloureuses et inutiles.  Je fais ce qu’il y a à faire (l’intendance, les papiers) mais je suis pleine d’indulgence envers moi.  J’ai traversé une tempête sans que ma barque ne coule, ça mérite bien des vacances. Plus de projet donc.  Mais de la bienveillance et du soin pour cette enveloppe corporelle et ce mental d’acier.

Merci Virginie,

A bientôt, peut-être !

Je l’espère sincèrement 😉 A bientôt Claire… et Merci pour ce super témoignage qui va faire du bien à beaucoup.

 

Ne rêvez plus, vivez vos rêves…
et devenez qui vous êtes